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L’Alliance dans les Evangiles


Pour cette nouvelle rencontre, 3 groupes ont été constitués, comme les fois précédentes. Chaque groupe avait ses propres lectures liées au thème.

Le groupe Zoom s’est intéressé aux extraits suivants et les participants ont découvert que l’Alliance dans l’Evangile était à la fois proche et à la fois éloignée de celle de l’ancienne Alliance.


A)- ① Luc : 1, v. 72 à 80 (Cantique de Zacharie)- ② Luc 3 : v. 4 à 9 (première prédication de Jean-Baptiste dans le désert)- ③ Matthieu : 3 v. 13 à 17 (baptême de Jésus par Jean-Baptiste)

① Le premier passage de Luc est le cantique de Zacharie, et consiste en l’annonce faite à Zacharie du rôle que son fils à naître, Jean-Baptiste assumera.
Bien que simple enfant, Jean-Baptiste doit remplir un rôle, et son destin est déjà connu : il doit laver les péchés du monde
Le passage est à rattacher à l’Alliance ancienne et au serment fait à Abraham. On pourrait parler d’un passage de relai entre l’ancienne et la nouvelle Alliance, puisque la mission reste la même : assurer le salut des âmes et reconnaître les péchés.

② L’extrait de Luc 3 se divise en deux parties : l’une prophétique, qui est imagée, et une seconde partie regroupant des conseils très pragmatiques.
Bien qu’il s’adresse en priorité aux Pharisiens, Jean-Baptiste appelle en réalité tout le monde à se convertir, comme s’il y avait un besoin existentiel de Dieu. Mais Jean-Baptiste utilise des phrases dures envers les pécheurs, et il enjoint un changement radical d’attitude. Auparavant, les individus pouvaient « se réfugier » dans une vie communautaire. Mais Jean-Baptiste exige que la conversion vienne sincèrement du cœur.
Entendant ces paroles, la foule se sent perdue, et chacun demande ce qu’il doit faire très concrètement.

③ Si Jean-Baptiste adopte une attitude d’humilité, puisqu’il a reconnu le fils de Dieu, notons que Jésus, lui aussi se comporte humblement, s’assimilant aux pécheurs ; et comme n’importe quel humain, il va se faire baptiser. Toutefois, une voix (est-elle entendue par Jésus seul ? Par tous ceux qui sont présents ?) lui rappelle qu’il est le fils de Dieu. Ainsi, c’est à ce moment que commence véritablement la mission de Jésus. Nous assistons à la fois à un accord et à un passage de relai entre Jean-Baptiste, celui qui baptise pour le pardon des péchés, et Jésus, celui qui prend conscience de sa mission, parce qu’il est le fils de Dieu.

B) Parabole des dix vierges ou des vierges sages et les vierges folles : Matthieu 25, 1-13
- D’après les traductions de nos bibles, nous avons aussi les mots jeunes filles sages et étourdies ou prévoyantes et insouciantes ou sensées et insensées.
- Cette parabole se trouve uniquement chez Matthieu, à la fin de son Evangile, avant la Passion. Quel message Jésus, puis Matthieu ont-ils voulu faire passer ? Jésus s’est adressé à ses disciples, des juifs, et Matthieu a écrit son Evangile pour des juifs.
- Mariage juif au temps de Jésus : Les fiançailles sont une alliance (coupe de vin à boire). Les fiancés vivent séparément, chacun chez ses parents. Les fiançailles durent au moins un an. Le père du fiancé, lors qu’il juge que son fils est prêt pour le mariage, décide de la date où son fils ira chercher sa future épouse. Le fiancé va la chercher de nuit. La fiancée est accompagnée par ses amies, une dizaine de jeunes filles, qui s’éclairent avec des lampes à huile. L’épouse doit être prête, elle ne sait ni le jour ni l’heure, ses amies non plus. Elles doivent toutes être prêtes.
Pour nous, aujourd’hui, que nous dit cette parabole ?
- Elle nous fait penser à la fable de La Fontaine, « la cigale et la fourmi ».
- Un mariage est une alliance, un engagement pour toute la vie. Il faut préparer son cœur et préparer la fête, prévoir, anticiper. Tout doit être prêt pour ne pas compromettre le mariage et gâcher la fête. Tout doit bien se passer.
- Symbole des lampes à huile : la fidélité et la confiance. L’huile peut être renversée, couler, se répandre. La flamme est fragile, elle vacille et peut facilement s’éteindre. Il faut être attentif, vigilant.
- L’époux se fait désirer. Pourquoi est-il en retard ? L’attente est longue et difficile, les jeunes filles s’endorment. Les insouciantes n’ont pas assez d’huile. Les prévoyantes refusent de leur en donner pour assurer le cortège avec seulement cinq lampes plutôt que de tout faire rater. Chacun doit se prendre en charge, être vigilant. Il ne faut pas tout attendre de la bienveillance des autres.
- Dans le mariage aussi, il faut être vigilant, il faut veiller, être attentif à l’autre et aux autres. C’est une démarche de tous les jours. Il en va de la survie de la communauté.
- Mot veiller : faire attention, être attentif, se préparer au sommeil, somnoler pour se réveiller au bon moment. Oui, on peut dormir, mais avant de s’endormir, tout doit être prêt. Le soir du Jeudi Saint dans le Jardin des Oliviers, les Apôtres se sont endormis et ont laissé le Christ seul.
- Les fêtes de Noël et de Pâques sont précédées de veillées, de même, on veille les morts pour le passage de la mort à une autre vie.
- Les jeunes filles insouciantes ont du aller racheter de l’huile. Lorsqu’elles sont arrivées, l’époux avait fermé la porte. Il a refusé de l’ouvrir pour les faire entrer disant : « Je ne vous connais pas ». Aux Noces de Cana, le mariage était aussi mal préparé puisqu’il manquait de vin. Marie est intervenue et Jésus a sauvé le mariage.
- Le Père, Dieu, décide quand l’Epoux, le Christ, viendra nous chercher pour nous amener dans son Royaume, le Royaume des Cieux. Nous ne connaissons « ni le jour, ni l’heure ». Il faut se préparer. Si non, « Je ne vous connais pas ».

L’alliance n’est pas facile à tenir, il faut sans cesse être vigilant, donc nourrir sa foi

Le groupe 1, à partir du texte proposé a mis le doigt sur comment la notion d’Alliance a progressé à travers les passages bibliques.

Le texte proposé à notre réflexion se trouve dans Matthieu 19, 16-26 : Le jeune homme riche et la vie éternelle.

Il est question de la loi et de ses commandements qui nous ont amené à relire quelques passages de l’Ancien Testament : Deutéronome 6, 4-9 et Exode 20, 1-17 (les 10 commandements) dans lesquels la loi est octroyée par Dieu (Exode 6,8 et Lévitique 26,12) et ratifiée par le peuple (Exode 25, 7).
Pour résumer : « La Torah est l’ordre de vie donné par Dieu pour son peuple élu, qui permet de rester en alliance avec lui » (E .P Sanders)

Alors qu’en dit Jésus ?

Nous avons lu Matthieu 5, 17-18 : « je ne suis pas venu abroger la loi mais l’accomplir ».
Certes il existe des pharisiens ou des Docteurs de la Loi qui alourdissent la loi avec de multiples choses à faire (A terme la loi sera ainsi composée de 613 commandements. (Matthieu 23, 1-4 puis 13).)

Que dire de l’attitude de Jésus en comparant ces deux textes de Matthieu 23 ?
Jésus rappelle que au-delà du respect basique de la loi et de ses commandements, chacun est appelé à les accueillir avec cœur et discernement.

Nous avons fait un court retour sur les textes de la dernière rencontre avec Jérémie 31, 31 puis 33-34 où il est question d’une alliance nouvelle et ou nous trouvons déjà « je l’écrirai sur leur cœur, Jérémie 33, 33 ».
Puis nous avons lu avec attention Matthieu 19, 16-26 et Romains 3, 21-31.

Comment mettre ces deux textes en relation pour arriver à une conclusion ?

Le premier texte est le récit d’une rencontre entre Jésus et un homme qui s’interroge sur son existence alors que dans le deuxième Paul parle comme un prophète.
Dans le premier texte, la discussion qui s’engage avec Jésus se situe au niveau de la loi, en des termes très simples : que faut-il faire pour avoir ? Quoi : la vie éternelle ? J’ai respecté tous les commandements qu’on m’a enseigné, alors quoi de plus ? Cette vie éternelle c’est pour après ou dès maintenant ?

Rentrer dans le royaume des cieux : c’est aller au-delà des préceptes de la loi.
La réponse de Jésus (v 21) est un dépouillement total, action difficile pour ce jeune homme qui repart tout triste car il a beaucoup de biens.

Ce qui est en cause, ce n’est pas de faire quelque chose qui nous permettrait d’acquérir le salut, mais de demander la grâce de recevoir le salut ; de recevoir la loi comme il est dit en Jérémie 31, 33.

Le sacrifice de Jésus Christ renouvelle l’alliance de Dieu. Ce salut offert à tous, il faut s’en saisir. Toute vie sous l’Esprit Saint est salvatrice quelle que soit la ratification que nous en faisons.
Cette vie éternelle est pour tous, disponible pour tous mais il faut l’accueillir.

Il ne s’agit plus d’un échange de promesses mutuelles mais d’un don unilatéral de Dieu et d’une réponse libre de l’homme, dans la foi en Jésus Christ sauveur.

C’est le fondement de cette « alliance nouvelle »

Enfin, le groupe 2 a noté que le baptême est au cœur de la nouvelle Alliance dans l’Evangile.

Lecture des textes préparés dans notre groupe :
1/ Luc 1, 72-80 :
Fin du Cantique de Zacharie rappelant son alliance sainte, le serment qu’il a juré à Abraham notre père.
Ce cantique, comme celui de Marie qui le précède, est inspiré de textes de l’Ancien Testament.
Jean le Baptiste fait le lien entre l’Ancien Testament et le Nouveau Testament
C’est le dernier prophète du Très - Haut
Qui marchera devant le Seigneur, pour lui préparer les voies…
La mission de Jean le Baptiste est d’annoncer le Christ
2/ Luc 3, 4-9  :
C’est le début de la Prédication de Jean-Baptiste inspirée des paroles du prophète Isaïe.
« Que faut-il faire ? », lui demande la foule.
Au lieu de faire des offrandes, Jean-Baptiste préconise de demander pardon en partageant avec son prochain, en étant juste et doux…
Jusqu’alors la faute était punie par une sanction, Jean-Baptiste leur enjoint de changer de comportement.
3/ Matthieu 3, 13-17
C’est le Baptême de Jésus.
L’Esprit descend sur lui, et il est désigné comme le Fils bien-aimé de Dieu.

L’Alliance est maintenant faite par le baptême (qui remplace la circoncision).
C’est un DON, et nous devons accueillir ce don.

En conclusion des réflexions du groupe, un membre fait observer que Jésus vient nous chercher, à nous de le recevoir.